Avril
2003
Le conjoint travaillant
dans l'entreprise familiale peut opter pour l'un des trois statuts
légaux suivants : conjoint collaborateur, conjoint salarié
ou conjoint associé.
Toutefois, de nombreux conjoints de dirigeants d'entreprise
travaillent au sein de celle-ci sans avoir opté pour
l'un des trois statuts légaux.
Attention, comme le précise le code de commerce en son
article L 121-4, seuls sont reconnues trois possibilités
de statut pour le conjoint : collaborateur (I), salarié
(II), et associé (III).
Le conjoint qui ne recourt à aucune de ces possibilités
conserve, sur le plan social, la situation d'ayant droit.
De plus, à défaut d'option, pour l'un des trois
statuts possibles, l'épouse du chef d'entreprise n'a
pas droit à l'allocation maternité, le conjoint
n'a droit à aucun droit réel et direct sur la
direction et la gestion de l'entreprise et travaille sans contrepartie
financière.
En cas de chômage ou d'invalidité, le conjoint
n'a aucun droit sachant qu'il ne cotise à aucune caisse.
Il aura droit, comme tout conjoint, à la pension de réversion
de son époux si celui-ci décède avant lui
et possède un droit d'attribution préférentielle
de l'entreprise.
Si les époux sont mariés sous le régime
de la communauté, et que le fonds de commerce ou l'exploitation
est un bien commun, il faudra le consentement du conjoint au
chef d'entreprise pour : aliéner ce fonds ou cette exploitation
; octroyer des droits réels (hypothèque, gage,
) sur ce fonds ou ses éléments ; mettre
le fonds en location gérance. A défaut de ce consentement,
l'acte en question serait annulé.
Le choix d'un statut, confère au conjoint des droits
personnels, professionnels et sociaux différents.
Le conjoint collaborateur
Le conjoint salarié
Le conjoint associé
Le conjoint collaborateur
Quel que soit le régime matrimonial,
le conjoint participant à l'activité familiale
peut devenir conjoint collaborateur s'il est mentionné
au Registre du Commerce et des Sociétés. Concrètement,
la formalité s'effectue au Centre
de Formalités des Entreprises dont dépend
l'entreprise.
Le conjoint doit, sans être rémunéré,
collaborer effectivement et habituellement à l'activité
de l'entreprise. Ce statut ne concerne que les couples mariés,
à l'exclusion de toute autre situation de vie commune
comme le concubinage ou le pacte civil de solidarité
(PACS).
Le conjoint collaborateur peut, s'il ne reçoit aucun
salaire pour sa participation, à l'extérieur de
l'entreprise, exercer une activité rémunérée
à temps partiel équivalent, au maximum, à
la moitié de la durée légale du travail.
Il peut accomplir, au nom du chef d'entreprise,
tous les actes d'administration concernant les besoins de l'entreprise,
à savoir, être lié à l'objet de l'entreprise
et correspondre aux possibilités économiques de
celle-ci : signer les bons de commande et les devis, effectuer
les ventes habituelles, assurer les relations avec les administrations...
Compte tenu de son statut d'ayant droit du
chef d'entreprise, le conjoint collaborateur bénéficie
des prestations :
- d'assurance maladie et maternité.
- d'assurance vieillesse des travailleurs non salariés,
invalidité et décès.
Il n'a cependant aucune cotisation personnelle à verser
ni à ce titre ni pour les allocations familiales. De
plus, au décès de son époux, il a droit
à une couverture gratuite d'un an.
Les conjointes collaboratrices bénéficient des
prestations maternité sous forme de l'allocation forfaitaire
et, lorsqu'elles font appel à un remplaçant salarié,
d'une indemnité proportionnelle au coût de ce remplacement
(avantages qui ont été amplifiés depuis
la loi Raffarin du 5 juillet 1996). Ces prestations sont également
versées en cas d'adoption.
En revanche, en cas d'invalidité ou de chômage,
le conjoint n'a droit à aucune indemnité pour
chômage ou perte d'emploi sauf souscription d'une assurance
personnelle.
Il peut cotiser volontairement aux régimes
sociaux obligatoires de l'exploitant, notamment à l'assurance
vieillesse de base, et le montant des cotisations versées
sera déductible du revenu imposable de ce dernier, dans
la limite d'un plafond unique.
Le conjoint salarié
Quelle que soit la forme juridique de l'entreprise
familiale, le conjoint peut être salarié de l'entreprise.
- Il doit participer effectivement à l'activité
de l'entreprise ou de son conjoint, exercer son activité
à titre professionnel et habituel,
- et percevoir un salaire pour son travail.
Il bénéficie de la protection sociale des salariés.
Comme tous les salariés, un contrat
de travail doit le lier à l'entreprise. Le salaire doit
correspondre au salaire versé normalement à une
personne ayant la même qualification professionnelle.
Etant affilié au régime général
de sécurité sociale des salariés, le conjoint
a les mêmes droits que les autres salariés. Ainsi,
il bénéficie du remboursement des soins et indemnités
journalières en cas de maladie ou d'accident du travail,
du repos maternel et des indemnités correspondantes en
cas de maternité, d'une pension ou rente en cas d'invalidité.
Le conjoint peut aussi prétendre à l'assurance
chômage. Mais, en pratique, compte tenu des risques de
contestation, il est recommandé de demander un accord
préalable aux ASSEDIC avant de verser les cotisations.
Cette couverture très large constitue
une différence importante par rapport aux autres régimes.
En contrepartie les charges sociales et fiscales correspondant
au salaire du conjoint sont normalement dues.
Le salarié a droit à une pension vieillesse calculée
en fonction de son salaire annuel moyen et du nombre de trimestres
de cotisations.
Selon que l'entreprise est soumise à
l'impôt sur les sociétés ou l'impôt
sur le revenu, le salaire du conjoint est déductible
du bénéfice imposable, soit en totalité
s'il est marié sous un régime de séparation
de biens, soit à hauteur de :
- 36 fois le SMIC si l'entreprise adhère à un
Centre de gestion agréé, soit 41.070 euros déductibles
pour l'année 2002.
- 2.600 euros, dans le cas contraire.
Le conjoint associé
Quel que soit le régime matrimonial
du couple, le conjoint peut être associé dans une
société en participant à la constitution
du capital social.
Le régime social dépend de la forme de la société
et du rôle du conjoint dans celle-ci.
L'activité du conjoint associé
n'est pas rémunérée, elle ouvre droit à
une part des bénéfices distribuables. Toutefois,
le statut d'associé est cumulable avec celui de salarié
ou de cogérant rémunéré.
Le conjoint associé n'est pas ayant
droit de son conjoint, sa couverture dépend donc d'une
affiliation personnelle à un régime social.
Pour le conjoint, simple associé, qui participe à
l'activité de la société et pour le conjoint
gérant majoritaire non rémunéré
(ou cogérant majoritaire), il s'agira du régime
des non salariés. En revanche, ce sera le régime
général des salariés pour le gérant
minoritaire ou égalitaire rémunéré
ou pour le conjoint associé titulaire d'un contrat de
travail.
Les charges sociales obligatoires sont déductibles
du résultat de l'entreprise. Du côté du
conjoint, les salaires, éventuellement versés,
sont déductibles du bénéfice imposable
et sont imposés déduction faite de 10 % et 20
%.
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