Mars 2007
Principales caractéristiques
Principales conditions
pour la constitution
Le fonctionnement de
l'EURL
Les parts sociales
Le régime social
applicable
Le régime fiscal
Dissolution
Bibliographie
Principales
caractéristiques
La loi n°85-697 du 11 juillet 1985 a ouvert la possibilité pour une seule personne physique ou morale de constituer une SARL.
L’EURL n’est donc pas à proprement parler une forme juridique nouvelle, mais bien une SARL dont l’intégralité des parts sociales est entre les mains d’un seul associé.
Les articles L 223-1 à L223-43 du code de commerce, pose en effet le principe selon lequel «la société à responsabilité limitée est instituée par une ou plusieurs personnes qui ne supportent les dettes qu’à concurrence de leurs apports».
En conséquence, « l’EURL » peut être constituée dés le départ par un seul associé, mais peut aussi résulter de la réunion par un seul associé de toutes les partsd’une SARL, suite à une cession ou une transmission ou encore par transformation d’une société en EURL.
Dans le même ordre d’idée, le passage de l’une à l’autre de ces formes sociales pourra se faire par simple cession ou transmission de parts sociales.
Les principales règles applicables aux SARL (voir la fiche correspondante) sont transposables à l’EURL, (ainsi le principe de limitation de responsabilité de l’associé et ses limites sera identique ) sous réserve de certaines particularités.
Principales
conditions pour la constitution
L'associé
unique
L'associé unique peut être
une personne physique ou une personne
morale.
Toutefois, la loi interdit à une EURL d'avoir pour associé unique une autre EURL.
Concernant la capacité requise, tant pour la qualité
d'associé, que pour occuper
un poste de gérant, les règles
applicables sont identiques à celles de la SARL.
Le capital social
Le montant du capital social de l’EURL comme celui de la SARL est librement fixé par les statuts. Ainsi cette nouvelle règle autorise en théorie, la fixation d’un capital social d’un montant de un euro.
Ce capital est divisé en parts sociales d’une valeur égale ; ces parts doivent être souscrites en totalité et peuvent être libérées de deux façons : soit en totalité dès la constitution, soit à hauteur de 20 % minimum de son montant, le solde devant être versé dans un délai de 5 ansmaximum.
Les apports peuvent être effectués en numéraire, en nature ou en industrie, sous les mêmes règles et conditions (notamment de responsabilité) que pour les apports effectués lors de la constitution d’une SARL.
L'objet
L'EURL peut avoir pour objet l'exercice
d'activités commerciales, industrielles,
de prestations de services ou encore
artisanales.
Certaines activités
libérales peuvent également
être exercées sous cette
forme sociale.
Toutefois, de façon
identique aux SARL, certaines activités seront interdites à l'EURL (exemple : débit de tabac),
alors que d'autres seront
soumises à certaines conditions (exemple : détention de diplôme,
d'autorisation spécifique...).
Formalités
de constitution
Des statuts doivent être établis par écrit, par acte sous-seing privé ou par acte notarié (dans certains cas le recours à un acte notarié est même obligatoire : en cas de publicité obligatoire au bureau des hypothèques pour l’apport d’un immeuble ou d’un droit au bail d’une durée supérieure à 12 ans et portant sur un immeuble).
Outre les mentions obligatoires exigées pour la SARL, il conviendra de bien adapter les statuts et de les compléter afin de permettre, le cas échéant, un passage à la forme pluripersonnelle sans être obligé de modifier profondément le contenu.
Une particularité existe
cependant, il devra apparaître dans les statuts la mention de l'attribution
de toutes les parts sociales à
l'associé unique.
En ce qui concerne certaines mentions obligatoires devant apparaître sur tous documents et papiers commerciaux destinés aux tiers et émanant de la société (la dénomination qui doit être précédée ou suivie immédiatement des mots « société à responsabilité limitée » ou des initiales « SARL » ainsi que l’énonciation du montant du capital social ), leur absence n’est plus pénalement sanctionnée. Toutefois, il peut être conseillé de laisser ces mentions car le ministère public ou tout intéressé peut demander au président du tribunal statuant en référé d’enjoindre sous astreinte au représentant légal de la société de procéder à ces mentions. De plus, il est préférable de ne pas faire figurer l’appellation EURL mais souhaitable de lui substituer celle de SARL.
Concernant les autres mentions obligatoires : cf. fiche intitulée « mentions obligatoires ».
Les statuts devront être
signés et les formalités
de constitution (enregistrement des
statuts, publicité légale,
immatriculation au Registre du Commerce
et des Sociétés) devront
être effectuées soit
par l'associé unique, soit
par son mandataire.

Le
fonctionnement de l'EURL
La
gérance
Choix et nomination
L'EURL est obligatoirement gérée
par une personne physique,
associée ou non, en conséquence la gérance doit obligatoirement être confiée à une personne physique non associée lorsque l'associé unique est une personne morale.
Le ou les gérants peuvent être
nommés dans les statuts ou être désignés par décision de l'associé
unique dans un acte annexé aux statuts.
Pouvoirs
A l'égard des tiers,
la société va être
engagée par tous les actes
du gérant, même ceux
qui n'entrent pas dans le cadre de
l'objet social (sauf à prouver
que les tiers en question avaient
eu préalablement connaissance
du dépassement de l'objet social).
A l’égard de la société , le gérant a normalement les pouvoirs les plus étendus ; toutefois les statuts peuvent tout à fait prévoir des limitations de pouvoirs (autorisation préalable de l’associé unique pour certains engagements) ; cette possibilité pourra ainsi se rencontrer dans l’hypothèse où le gérant n’est pas l’associé unique.
Par ailleurs, le
ou les gérants peuvent (sauf
stipulation statutaire contraire)
déléguer une partie
de leurs pouvoirs, pour un temps déterminé
et des opérations précises.
Responsabilité
Sur ce chapitre, il conviendra d'appliquer
les mêmes règles que
celles applicables aux gérants
de SARL.
Rémunération
Le ou les gérants peuvent exercer
leurs fonctions en étant rémunérés
ou à titre gratuit.
La rémunération, quand
elle est prévue, peut être
fixe et/ou proportionnelle
(au chiffre d’affaires ou aux bénéfices par exemple).
Décisions
de l'associé
Principe
L'associé
unique, selon l'article 223-1 du
code de commerce, exerce les pouvoirs dévolus
à l'assemblée des associés
des SARL.
Ainsi, l'associé
unique va pouvoir prendre toutes les
décisions, sans pouvoir déléguer
ses pouvoirs d'associés à
un tiers, relevant normalement de
la compétence des assemblées.
Chacune des décisions
qu'il va prendre de la sorte sera
consignée par lui sur le registre
spécial des procès verbaux
qui sera, comme dans la SARL, coté
et paraphé par un juge du tribunal
de commerce, ou un juge du tribunal
d'instance, ou le maire ou un adjoint
de la commune. Certaines décisions
devront par ailleurs faire l'objet
de mesures de publicité (exemple
: les décisions ayant comme
objet une modification des statuts,
la nomination ou révocation
du gérant...).
Dans les six mois
de la clôture de chaque exercice,
l'associé unique devra de la
même manière approuver
les comptes de l'exercice écoulé
; comme dans la SARL, les comptes
devront être déposés
au greffe du Tribunal de Commerce,
en annexe au Registre du Commerce
et des Sociétés,
dans le mois qui suit l’assemblée générale.
Les
parts sociales
Etant seul et détenant
les pouvoirs dévolus à
l'assemblée générale,
l'associé unique peut céder
librement ses parts à des tiers
à la société.
Les statuts devront toutefois
prévoir les dispositions applicables
à ce sujet (mise en place et
adaptation du régime d'agrément
préalable aux cessions de parts)
dans l'hypothèse ou l'EURL
deviendrait SARL par suite d'une ou
plusieurs cessions ou transmissions
de parts sociales.
La cession des parts sociales sera faite sous la forme d'un acte écrit, elle devra faire l'objet
de mesures de publicité dans
les mêmes conditions que pour
les cessions de parts de SARL.

Régime
social applicable
L ’associé unique d’une EURL est assujetti au régime obligatoire des travailleurs indépendants
Deux hypothèses peuvent
se présenter :
soit l'EURL est soumise à l'impôt
sur le revenu, auquel cas les cotisations
seront calculées sur la base
du revenu imposable retenu pour le
calcul de l'impôt sur le revenu
soit l'EURL est soumise à l'impôt
sur les sociétés, auquel
cas les cotisations seront calculées
sur la base des rémunérations
perçues (qui seront alors,
sauf caractère exagéré,
déductibles dans les comptes
de la société).
Il est rappelé, dans
ce régime, que la présence
d'une rémunération n'est
pas un critère d'assujettissement
(sauf cas particulier, l'associé
unique sera quand même redevable
de cotisations calculées sur
des bases forfaitaires minimales).
Le cas du gérant non-associé peut
être tout à fait différent
:
S’il est rémunéré et qu’il n’appartient pas à un collège majoritaire de gérance (cf dernier paragraphe du V), il sera assujetti au régime général de sécurité sociale (bien que n’étant pas juridiquement un salarié), excepté en ce qui concerne l’assurance chômage.
S’il n’est pas rémunéré il ne relève d’aucun régime obligatoire de sécurité sociale.
Un cas particulier peut toutefois se présenter : le gérant non associéd’une EURL est considéré comme appartenant à un collège majoritaire de gérance dès lors que son conjoint ou un enfant mineur non émancipé est l’associé unique de la société. En conséquence, il est considéré comme gérant majoritaire et assujetti au régime social des travailleurs indépendants.
Régime fiscal
Lorsque l'EURL est constituée
par un associé personne physique,
le régime fiscal applicable
est celui de l'impôt sur le
revenu.
Dans ce cadre, les bénéfices
de la société seront
directement imposés à
l'impôt sur le revenu dont sera
redevable l'associé ; ces bénéfices
seront déclarés dans
la catégorie correspondante
à l'activité : BIC pour
les activités industrielles,
commerciales et artisanales, BNC pour
les activités libérales...
Une option peut toutefois être exercée dans le but de placer l’EURL sous le régime de l’impôt sur les sociétés. Cette option peut être effectuée dès la création de la société ou au cours de la vie de l’ EURL. La société peut bénéficier d’un taux réduit à 15 % si toutefois trois conditions (rappelées dans la fiche SARL) sont remplies.
Cette option, une fois exercée est en principe irrévocable.
Par ailleurs, dès lors
que la société devient
pluripersonnelle, l'assujettissement
à l'impôt sur les sociétés s'effectue (voir régime fiscal
de la SARL), sauf dans le cas où
il pourrait s'agir d'une société
de famille susceptible de conserver
le principe de l'impôt sur le
revenu.
Concernant l'imposition personnelle
de l'associé,
gérant ou non, de l'EURL soumise à l'impôt sur les sociétés,
le principe est le même que
celui s'appliquant aux gérants
majoritaires des SARL.
Lorsque l'EURL est constituée
par un associé personne morale,
elle est obligatoirement soumise à
l'impôt sur les sociétés.
Dissolution
La dissolution sans liquidation entraîne la transmission universelle du patrimoine à l’associé unique si l’associé unique est une personne morale. Par contre il y aura lieu à liquidation si l’associé est une personne physique.
Bibliographie
Code de Commerce,
Lamy Droit des Sociétés,
Mémento Sociétés
Commerciales Francis LEFEBVRE,
Mémento Social 2007 Francis
LEFEBVRE,
Mémento Fiscal 2007 Francis
LEFEBVRE,
Dictionnaire Permanent "Droit
des Affaires",
Loi 2001-420 du 15 mai 2001 relative
aux nouvelles régulations économiques,
Ordonnance n°2004-274 du 25 mars 2004.
Loi n° 2005-882 du 2 août 2005.
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