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Mars 2007
Une
SARL est administrée par un
ou plusieurs gérants, nommé(s)
par les statuts ou par acte séparé,
pour une durée déterminée
ou indéterminée.
Conditions de nomination
Modalités de
nomination
Pouvoirs du gérant
Obligations du gérant
Responsabilités
du gérant
Rémunération
du gérant
Régime fiscal
de la rémunération
Régime social
du gérant
Durée et cessation
des fonctions du gérant
Bibliographie
Conditions
de nomination
Le gérant
doit être une personne physique
majeure ou émancipée,
associée ou non.
Des exigences particulières
peuvent exister si la SARL exploite
une activité réglementée,
ainsi une SARL d'architecture ne peut
être gérée que
par des architectes, une officine
de pharmacie ne pourra avoir comme
gérant qu'un ou plusieurs pharmaciens
associés dans la société.
Le
gérant doit :
- ne pas être avocat, commissaire
aux comptes, expert-comptable, fonctionnaire,
notaire, personnel d'un établissement
de crédit ;
- ne pas avoir été condamné
notamment pour crime de droit commun,
vol, abus de confiance, escroquerie,...;
- ne pas avoir fait l'objet d'une
faillite personnelle ;
- être de nationalité
française, ou avoir la carte
de ressortissant communautaire ou
de résident ou de commerçant
étranger.
Les statuts peuvent
néanmoins apporter plusieurs
précisions et prévoir
par exemple que les gérants
ne pourront être que des associés,
ou que les gérants devront
détenir une connaissance particulière.
Modalités
de nomination
Lors de la création
de la société, le gérant
peut-être nommé par les
statuts ou par décision des
associés réunis en assemblée
générale représentant
plus de la moitié du capital
social (ou plus si les statuts le
prévoient)
Au cours de la vie
de la société, les gérants
sont nommés par décision
collective des associés représentant
plus de la moitié des parts
sociales (les statuts peuvent prévoir
une majorité plus élevée).
Pouvoirs
du gérant
A
l'égard des associés
En l'absence de disposition dans les
statuts, le gérant peut faire
tous les actes de gestion nécessaires
à la réalisation de
l'objet de la société.
Les associés peuvent librement
limiter ses pouvoirs dans les statuts.
Ainsi, pour certaines opérations
ou engagements importants, il est
possible de prévoir une autorisation
préalable de la collectivité
des associés.
En cas de pluralité de gérants,
les statuts peuvent préciser
leurs fonctions respectives ou obliger
les gérants à prendre
les décisions en commun.
A
l'égard des tiers
Le gérant est investi des pouvoirs
les plus étendus pour agir
en toutes circonstances au nom de
la société.
Ainsi, les clauses statutaires limitant
éventuellement les pouvoirs
se cantonnent aux rapports avec les
associés ; ces clauses sont
inopposables aux tiers, et la société
sera valablement engagée même
en cas de dépassement par le
gérant de ses pouvoirs.
Obligations
du gérant
Le gérant
est le représentant légal
de la société. D'après
la loi du 24 juillet 1966, il supportera
plusieurs obligations, comme :
- informer les associés
et répondre à leurs
questions écrites ;
- convoquer les assemblées
ordinaires et extraordinaires ou consulter
les associés par correspondance
;
- assurer la tenue de la comptabilité,
établir les comptes sociaux
et rédiger le rapport de gestion
;
- assurer le respect de toutes les
obligations fiscales et sociales s'imposant
aux SARL.
Responsabilités
du gérant
Responsabilité
civile
Le gérant de droit (régulièrement
nommé) et de fait (personne
qui se comporte comme le gérant
sans avoir été nommée
à cette fonction) est responsable en cas :
- de démission sans juste motif
;
- d'infraction aux dispositions législatives
ou réglementaires applicables
aux SARL (ex. : défaut de publication
des modifications statutaires) ;
- de non respect des règles
statutaires ;
- d'inobservations graves et répétées
des obligations sociales et fiscales
;
- de faute de gestion (ex. : engagement
de dépenses disproportionnées
avec les ressources de la société,
manuvres frauduleuses).
L'action en responsabilité
née des fautes de la gérance
peut être exercée par
toute personne qui a été
personnellement lésée
et par les associés agissant
au nom et pour le compte de la société.
Responsabilité
pénale
Un certain nombre d'infractions aux
obligations de gestion interne et
aux droits des associés sont
punies d'une amende maximale de
9 000 euros. Sont également
répréhensibles, les
fraudes fiscales.
Trois délits majeurs sont lourdement
sanctionnés (emprisonnement
de 5 ans et/ou amende de 375 000 euros)
:
- présentation de comptes annuels
ne donnant pas une image fidèle
de la société ;
- distribution de dividendes fictifs
;
- usage des biens ou du crédit
de la société contraire
à l'intérêt de
celle-ci, à des fins personnelles
directes ou indirectes.
Rémunération
du gérant
Le gérant peut exercer sa
fonction en étant rémunéré
ou à titre gratuit.
Le
mode de calcul de sa rémunération
peut :
- soit figurer dans les statuts, ce
qui est déconseillé
car toute variation de la rémunération
oblige à modifier les statuts
;
- soit faire l'objet d'une décision
des associés représentant
au moins la moitié des parts
sociales.
La rémunération
peut être fixe et/ou proportionnelle
aux bénéfices ou au
chiffre d'affaires. De plus, le gérant
peut bénéficier d'avantages
en nature, de remboursements de frais,
d'indemnités et de gratifications.
Cette rémunération peut
être inférieure au SMIC
(le gérant est en effet un
mandataire et non pas un salarié
au sens juridique du terme).
Régime
fiscal de la rémunération
La
rémunération du gérant
de SARL est soumise à l'impôt
sur le revenu suivant des modalités
différentes selon qu'il s'agit
de gérant minoritaire ou majoritaire.
Le gérant minoritaire ou égalitaire déclare sa rémunération dans la catégorie des traitements et salaires. Il bénéficie d’une déduction réelle ou forfaitaire de 10% pour les frais professionnels. Le montant de la déduction forfaitaire est compris, pour l’imposition des revenus 2006, entre un minimum (396 €) et un plafond (13.328 €) revalorisé chaque année.
Le gérant majoritaire déclare sa rémunération dans la catégorie de l’article 62 du Code Général des Impôts. Les frais professionnels sont admis en déduction de façon forfaitaire à hauteur de 10 % ou pour leur montant réel (sur justificatif).
Le gérant non associé déclare sa rémunération dans la catégorie des traitements et salaires, il bénéficie de l’abattement de 10%. Toutefois s’il appartient à un collège de gérance majoritaire, sa rémunération est imposée selon les modalités de l’article 62 du Code Général des Impôts.
Régime
social du gérant
Le régime
social du ou des gérants est
fonction du caractère minoritaire
ou majoritaire de la gérance.
Les gérants égalitaires ou minoritaires rémunérés ainsi que les gérants non associés, rémunérés, sauf s’ils appartiennent à un collège de gérance majoritaire ou si les parts détenues par leur conjoint et/ou leurs enfants mineurs non émancipés dépassent 50% du capital social, sont assujettis au régime général de sécurité sociale. Ils sont redevables de la CSG et de la CRDS suivant les règles applicables aux salariés.
Vis à vis de l’assurance chômage, le gérant ne bénéficie pas du régime instauré au profit des salariés. Toutefois des régimes spécifiques ont été créés pour les dirigeants d’entreprises (régimes " volontaires ").
Les gérants majoritaires, rémunérés ou non, sont assujettis au régime social des travailleurs indépendants.
Les gérants minoritaires ou égalitaires non rémunérés ne relèvent ni du régime général de sécurité sociale, ni du régime des travailleurs indépendants.
Durée
et cessation des fonctions du gérant
En l'absence de
clauses statutaires, les gérants
sont nommés pour la durée
de la société.
Arrivée
du terme
Les fonctions
du gérant prennent fin par
l'arrivée du terme fixé
par les statuts ou par l'acte de nomination
du gérant.
Démission
Le gérant peut démissionner, en respectant un délai raisonnable. Il doit en informer les associés et les cogérants par lettre recommandée avec accusé de réception.
Survenance
d'une incapacité ou d'une incompatibilité
Tel est le cas d’une interdiction de gérer, d’un décès, de tout événement empêchant de manière durable le gérant d’assumer ses fonctions.
Le gérant frappé d’une mesure d’interdiction ou d’incapacité, qui ne démissionne pas s’expose à des sanctions pénales et à une révocation.
Révocation
Les associés représentant plus de la moitié des parts sociales peuvent révoquer le gérant, à moins que les statuts prévoient une majorité plus forte.
Le gérant doit avoir la possibilité de s’expliquer avant que la décision ne soit prise et peut prendre part au vote s’il est associé.
Les associés ayant révoqué le gérant sans juste motif peuvent être condamnés à le dédommager.
Le Tribunal de commerce, statuant en la forme des référés, peut le révoquer à la demande des associés fondée sur une cause légitime (révocation judiciaire).
Le gérant
associé
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Gérant
minoritaire |
Gérant
égalitaire |
Gérant
majoritaire |
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Rémunéré |
- Assimilé salarié
:
régime général
de la sécurité
sociale (Article L 311-3 du
code de la sécurité
sociale).
- Exclusion des droits à
l'assurance chômage.
- Régime de retraite
des cadres. |
Idem |
- Régime des non-salariés
(travailleur indépendant).
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|
Non rémunéré
|
- Ne relève ni du régime
général des salariés,
ni du régime des non-salariés.
- Assujettis à aucun
régime obligatoire :
donc pas de protection sociale,
à défaut de cotisation
volontaire. |
Idem |
- Régime des non-salariés
(travailleur indépendant).
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Bibliographie
Lamy
Droit des Sociétés
Mémento Sociétés
Commerciales Francis LEFEBVRE
Mémento
Social 2007 Francis LEFEBVRE
Mémento
Fiscal 2007 Francis LEFEBVRE
Dictionnaire
Permanent "Droit
des Affaires"
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