Avril
2003
La procédure d'injonction
de payer permet à un créancier d'obtenir rapidement
et à peu de frais un titre exécutoire lui permettant
de pratiquer une saisie sans avoir à assigner le débiteur.
La procédure d'injonction de payer
peut être utilisée pour recouvrer sans limitation
du montant :
toute créance d'une
somme d'argent d'un montant déterminé résultant
d'un contrat ou d'une obligation statutaire ;
toute créance établie
par une traite, la souscription d'un billet à ordre,
une reconnaissance de dette ;
toute créance résultant
de l'acceptation de la cession de créances conformément
à la loi du 02 février 1981 facilitant le crédit
aux entreprises
La
requête d'injonction de payer est soumise aux formalités
suivantes
Le
déroulement de la procédure d'injonction de payer
Les
effets de la procédure d'injonction de payer
La
requête d'injonction de payer est soumise aux formalités
suivantes
1 - Rédiger une
requête sur papier libre remise ou adressée, selon
le cas, au secrétariat-greffe ou au greffe, par le créancier
ou par tout mandataire et accompagnée des documents justificatifs.
Dans la plupart des secrétariats-greffes, des imprimés
sont mis à la disposition des personnes intéressées.
2 - Présenter
par lettre ou par dépôt la requête auprès
du greffe du tribunal compétent :
au tribunal d'instance lorsque le débiteur n'est
pas commerçant ou lorsque étant commerçant,
il n'a pas contracté la dette dans le cadre de son activité
commerciale ;
au président du tribunal de commerce lorsque le
créancier et le débiteur sont tous deux commerçants
et que le débiteur a, pour les besoins de son commerce,
passé la commande qu'il n'a pas réglé (ou
le contrat qu'il n'a pas honoré) ou lorsque le litige
porte sur un acte de commerce.
Attention : Le juge territorialement compétent est celui
du lieu où demeure le débiteur.
3 - La requête doit contenir :
les
noms, prénoms, professions et domiciles des créanciers
et débiteurs ou, pour les personnes morales, leur dénomination
et leur siège social ;
le montant de la somme réclamée avec le décompte
des différents éléments de la créance
;
le
fondement de la créance réclamée ;
la liste des pièces jointes.
La requête doit être accompagnée de toutes
les pièces justificatives de la créance : copies
de factures impayées, traites acceptées revenues
impayées, lettres ou contrats constituant des engagements
de payer, etc.

Le
déroulement de la procédure d'injonction de payer
1 - La décision du juge après
examen de la requête
Si le juge rejette la requête,
le créancier peut engager une deuxième procédure
de recouvrement en utilisant la voie de droit commun. La procédure
de droit commun est engagée par une assignation délivrée
par un huissier, elle conduit à un débat contradictoire
entre créancier et débiteur.
Ce débat se déroule
devant :
- le tribunal de commerce s'il s'agit de deux commerçants
;
- le tribunal d'instance si le débiteur est un particulier
et si le montant de la créance réclamée
n'excède pas 7 600 euros ;
- le tribunal de grande instance si le débiteur est un
particulier et si le montant de la créance réclamée
excède 7 600 euros.
Si le juge estime la demande fondée
en partie ou en totalité, il rend une ordonnance d'injonction.
Par cette ordonnance le juge ordonne au débiteur de payer
la somme réclamée par le créancier.
Lorsque la requête n'est satisfaite que pour partie, le
créancier peut se contenter d'un paiement partiel et
signifier l'ordonnance ou il peut préférer ne
pas signifier l'ordonnance du débiteur et utiliser la
procédure de recouvrement de droit commun.
Si, au contraire, le créancier est satisfait de l'ordonnance
rendu par le juge, il lui revient de la faire signer au débiteur.
2 - La signification de l'ordonnance
Une copie, certifiée conforme
de la requête et de l'ordonnance, est adressée
au créancier puis ce dernier devra la signifier par huissier
à l'entreprise débitrice.
Pour signifier l'ordonnance d'injonction de payer, le créancier
a un délai de six mois dès la date de l'ordonnance.
L'acte de signification contient sommation pour le débiteur
:
soit de payer au créancier la somme fixée
par l'ordonnance augmentée des intérêts
et frais de greffe ;
soit de faire valoir des moyens de défense de
former opposition au greffe dans le mois qui suit la signification
de l'ordonnance si le débiteur a à faire valoir
des moyens de défense.

Les
effets de la procédure d'injonction de payer
A la suite de la signification, le débiteur peut :
1 - Exécuter l'injonction
2 - Ne pas répondre dans le mois
qui suit la signification
Dans ces deux cas, le créancier
doit alors :
demander l'apposition de la formule exécutoire au greffe
du tribunal qui a rendu l'ordonnance soit par déclaration
au guichet, soit par simple lettre, dans le délai d'un
mois suivant l'expiration du délai d'opposition ou le
désistement du débiteur.
communiquer l'ordonnance d'injonction de payer revêtue
de la formule exécutoire à un huissier qui se
chargera de tous les actes d'exécution.
En effet, grâce à ce titre exécutoire, le
créancier peut, si le débiteur est encore récalcitrant,
remettre son titre à un huissier pour engager une procédure
de saisie (sur le compte bancaire ou matériel).
3 - Former opposition auprès
du tribunal qui a rendu l'ordonnance
Si le débiteur fait opposition,
il lui faut contester le bien fondé de la créance
ou la régularité de la procédure dans le
mois qui suit la signification de l'ordonnance portant injonction,
auprès du greffe du tribunal.
A la réception de la déclaration
d'opposition, le greffier convoque les parties à l'audience.
La procédure devant le tribunal est la procédure
de droit commun, et le jugement rendu par le tribunal se substitue
à l'ordonnance d'injonction de payer.
Si le jugement est favorable au créancier, il le fait
signifier au débiteur et peut, à défaut
de règlement, engager une saisie sur les biens du débiteur.
Toutefois, le débiteur, dans le mois qui suit la signification
du jugement, peut interjeter appel.
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